Sapho
Sapho est l’une des plus célèbres poétesses de l’Antiquité grecque. Hissée au rang de « dixième Muse » par le philosophe grec Platon, elle vit sur l’île de Lesbos entre le 7e et le 6e siècle avant J-C. Sapho acquiert dès l’Antiquité une renommée sans précédent pour ses poèmes et ses compositions pour lyre. Au 19e siècle, Sapho est érigée en héroïne romantique : désespérée, elle se serait tuée du haut de la falaise de Leucade par amour pour un jeune homme. Cette tragédie inspire un opéra au compositeur Charles Gounod et de nombreuses toiles aux accents dramatiques, comme celles de Gustave Moreau ou de Théodore Chassériau.
Certains poèmes amoureux de Sapho mettent en scène deux femmes, à l’origine d’interprétations sur sa sexualité. La publication d’une nouvelle traduction en 1903 par la poétesse homosexuelle Renée Vivien consacre comme synonymes de l’homosexualité féminine les mots « saphisme » et « lesbien ».
Lorsque Bourdelle modèle en 1887 une première femme à la lyre, Sapho n’est donc pas encore une icône lesbienne. 38 ans plus tard, Bourdelle reprend son plâtre et le dote d’un bras musclé. Cette androgynie fait écho aux mots du poète Charles Baudelaire évoquant « la mâle Sapho, l’amante et le poète ».
La sculptrice d’origine roumaine Marguerite Cossaceanu participe à l’élaboration de Sapho dans l’atelier de Bourdelle. Le sculpteur ne tarit pas d’éloge sur sa jeune collaboratrice dans un texte rédigé en 1928 : « Elle a su m'aider dans l'exécution de plusieurs de mes figures. Cossaceanu a, en plus d'une très forte science technique, un très rare don de composition ».
Suite du parcours "Nouveaux regards"
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