La frise d'Apollon

Apollon et les Muses, Frise du Théâtre des Champs-Elysées

Les neuf muses aux traits identiques accourent vers Apollon, le dieu des arts. Dans chaque attitude plane le spectre de la danseuse américaine Isadora Duncan : « Toutes mes muses au théâtre sont des gestes saisis durant l’envol d’Isadora : elle fut là ma principale source », écrit Bourdelle. En 1909, à la suite de la représentation d’Iphigénie en Tauride de Glück au Théâtre de la Gaîté-Lyrique, Bourdelle saisit en d’innombrables dessins la prestation de la danseuse.

Isadora Duncan a fasciné Bourdelle. Dès leur rencontre lors d’un banquet donné en l’honneur de Rodin à Vélizy en 1903, le sculpteur admire sa manière de danser inédite : pieds nus et habillée d’une simple tunique, Isadora Duncan ranime une Grèce archaïque par une danse libre et instinctive, loin des conventions du ballet. Mais elle est aussi une femme affranchie, jugée comme extravagante. Lorsqu’elle arrive en Europe, la société n’est pas acquise à la cause féministe. Pourtant, Isadora Duncan prône une liberté sexuelle, passant ainsi pour une femme amorale. Elle dit vouloir obtenir l’indépendance par la maîtrise de son corps ; elle s’insurge contre l’inaction de la médecine face aux douleurs naturelles, comme les souffrances de l’accouchement. Enfin, elle revendique le droit pour les femmes de tomber enceinte en dehors du mariage. Sa vie témoigne de cette liberté : elle multiplie les relations amoureuses et donne naissance à trois enfants hors mariage, de pères différents. 

Pionnière de la danse libre, Isadora Duncan a ouvert la voie pour les danseuses du 20e siècle, en bousculant les conventions artistiques et sociétales.



Suite du parcours "Nouveaux regards"

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