Pénélope
Dans une sérénité admirable, Pénélope se tient debout, les yeux clos, et attend le retour de son époux Ulysse, le menton sur la main. Cette allégorie de la chasteté et de l’espoir confiant s’inspire de la physionomie de Stéphanie van Parys, première épouse de Bourdelle, et d’une pose de sa seconde épouse, Cléopâtre Sévastos . Pénélope serait-elle le creuset dans lequel s’opère la fusion des deux épouses successives de Bourdelle ?
Bourdelle travaille sur cette sculpture durant sept ans, multipliant les études. Dans la version finale, il retire le fuseau, attribut canonique de l’héroïne grecque, pour en accentuer l’épure et minorer la référence mythologique au profit d’une allégorie de l’attente. Les plis creusés de sa robe longue forment des cannelures finement ciselées. Sa monumentalité évoque une colonne sculptée, ornée d’un fût et campée sur sa base.
Le corps sinueux drapé, le bras replié et la tête penchée de Pénélope rappellent les figures de « pudicité » de la Rome antique, illustrant la vertu de la pudicitia, synonyme de chasteté et de modestie. Que cherche à dire Bourdelle dans cette figure emblématique d’une épouse idéale ? À valoriser le dévouement d’une femme qui attend ? Ou bien la puissance et la force de celle qui résiste envers et contre tout ?
Suite du parcours "Nouveaux regards"
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