La Regodias
Autour de 1900, le développement d’académies libres permet aux femmes de recevoir des enseignements de qualité qui leur étaient auparavant interdits. Bourdelle dispense des cours de sculpture dès 1909 à l’Académie de la Grande-Chaumière, située non loin de ses ateliers. Pendant vingt ans, il transmet son savoir à plus de 500 élèves, hommes et femmes issus de 49 pays différents. Bourdelle encourage et incite les jeunes femmes à signer leurs œuvres de leurs noms et à se lancer dans une carrière professionnelle. Face à un contexte qui n’est pas acquis à leur cause, Bourdelle affirme, avec une pointe de provocation : « Désormais, ce sont les femmes qui s‘imposent. Leur art l’emporte aujourd’hui sur celui des hommes. »
Nombre d’élèves de Bourdelle poursuivent une carrière artistique, à l’instar de Germaine Richier. Alors que le sculpteur s’est décidé à ne plus prendre d’élèves dans ses ateliers personnels faute de temps, il accepte, en janvier 1927, de prendre la jeune montpelliéraine. Particulièrement douée, Richier reste dans l’atelier de Bourdelle jusqu’à la mort du maître, en octobre 1929. Il l’initie à l’usage du compas, à l’étude sur modèle vivant et aux techniques de la sculpture. Richier apprend notamment une technique de triangulation caractéristique de l’atelier de Bourdelle : les points de repère apposés sur le plâtre sont reliés par des traits bleus afin de définir des plans utiles pour effectuer le travail de modelé sur le bloc à tailler. L’un des plâtres de la Regodias porte les traces de cette technique particulière.
Si Richier se démarque bientôt du style de son maître pour suivre sa propre voie, elle conserve toute sa vie une reconnaissance pour ce que lui a apporté Bourdelle.
Suite du parcours "Nouveaux regards"
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