Héraklès archer

La sculpture Héraklès archer incarne un idéal de puissance et de vertu antique que Bourdelle semble vouloir ressusciter. Dès le début du 19e siècle, de nombreuses sculptures exaltent les héros meurtriers dans une nudité héroïque, à la suite du célèbre Thésée et le Minotaure d’Antonio Canova. Chez Bourdelle, l’ennemi n’est pas représenté : la lutte de deux corps qui s’affrontent fait place au seul corps du héros en tension, face au vide. La culture visuelle du 19e siècle est empreinte de ces iconographies d’hommes forts qui allient beauté plastique et athlétisme ; dans ses célèbres manuels de culture physique, Edmond Desbonnet exprime le désir de régénérer l’homme contemporain par l’idéal des corps de la sculpture antique exhibant une musculature triomphante.


Le héros en lutte avec des oiseaux carnassiers porte les valeurs d’une virilité issu du monde gréco-romain : la force, la maîtrise de soi pendant l’affrontement, le courage face à la mort et une puissance sexuelle manifeste. Du latin « vir », qui veut dire « homme », la virilité souligne avant tout la vigueur physique et sexuelle de l’homme. Avec Héraklès archer, cette virilité s’incarne dans un mouvement sans équivoque : l’arc est bandé, le sexe à la hauteur des yeux du spectateur. Le corps masculin se dresse et s’élève, en un symbole éminemment phallique.



Suite du parcours "Nouveaux regards"

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