Femme sculpteur russe (Catherine Marcowitch)
Tout au long du 19e siècle, les sculptrices n’ont pas accès à la formation académique officielle délivrée par l’École des Beaux-Arts. Pour bénéficier de l’indispensable étude de modèles nus, elles sont obligées de se tourner vers des établissements privés payants, comme l’Académie Julian ou l’Académie Colarossi, fréquentée par la jeune Camille Claudel. Fondée en 1904, dirigée entre autres par les Suissesses Martha Stettler et Alice Dannenberg, l’Académie de la Grande Chaumière accueille des professeurs reconnus, comme Bourdelle, à partir de 1909. Dans ses propres ateliers ou à la Grande Chaumière, il plaide pour un enseignement démocratique, conscient des problèmes financiers et des pressions familiales subies par ses élèves femmes.
À l’Académie de la Grande-Chaumière, Bourdelle reçoit autant d’hommes que de femmes. Au sein de ses ateliers de l’impasse du Maine, il s’entoure de nombreux élèves dont des jeunes femmes, qui posent occasionnellement pour lui. Bourdelle nomme ses élèves, hommes ou femmes, en fonction de leurs nationalités : « la Roumaine », « la Chilienne » ou, comme ici, « la Russe ». De cette élève, dont le nom est Catherine Marcowitch, on sait peu de choses. Présente dans les ateliers entre 1910 et 1914, elle aurait posé pour Le Jeu du voile. Elle revient certainement chez Bourdelle après la fin de la Première Guerre mondiale.
Dans ce portrait, Marcowitch campe une femme au caractère affirmé, les bras croisés et le regard sûr. Les volumes synthétiques accentuent son autorité et sa stature. Vêtue d’une blouse recouvrant la robe, elle se montre en sculptrice davantage qu’en modèle féminin.
Suite du parcours "Nouveaux regards"
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