Doyen-Parigot posant pour Héraklès archer

Héraklès archer s’inspire de la physionomie d’un soldat et « splendide athlète », le commandant Paul Doyen-Parigot. ce dernier propose à Bourdelle de poser pour lui. Chef d’escadron dans la cavalerie, il présente toutes les qualités physiques attendues pour cette fonction : grand, robuste et capable de porter son lourd équipement tout en chevauchant sa monture. Durant le 19e siècle, l’injonction à la virilité se matérialise dans des institutions où se développe un « entre soi » masculin, de la caserne militaire au vestiaire sportif. Certainement inconsciemment, Doyen-Parigot incarne,  cette virilitas antique lorsqu’il pose pour le héros mythique Héraklès.

En seulement 10 heures, Bourdelle fixe à la hâte le corps de Doyen-Parigot dans la terre. Le soldat tient une pose déséquilibrée à l’aide d’un manche à balai. Tous les quarts d’heure, il s’autorise une trêve avant de reprendre cette position extrêmement exigeante.  

Modèle non professionnel, le commandant impose une condition : ne pas être reconnu dans l’œuvre définitive, raison pour laquelle l’artiste modifie son visage au fil des esquisses. Bourdelle prend des photographies à usage documentaire au cours des séances de pose, afin d’étudier plus longuement la musculature de son modèle. Que faire aujourd’hui de ces clichés conservés dans la collection publique du musée, sur lesquels l’on voit le visage de Doyen-Parigot posant nu ? Le musée a choisi de limiter leur diffusion et ne présente désormais que les photographies de dos dans les salles du musée.



Suite du parcours "Nouveaux regards"

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