Cléopâtre au travail sur la fresque de La Mort du dernier centaure

De dos, une femme travaille avec application à la mise en couleur du dessin préparatoire pour l’une des fresques de l’intérieur du Théâtre des Champs-Elysées, La Mort du dernier centaure. Inscrit par Bourdelle, le terme de « Mauviette » caractérise une petite alouette ou une personne au tempérament délicat. Cette familiarité taquine mais affectueuse s’explique par les liens entre Bourdelle et Cléopâtre Sévastos qui endosse tour à tour différents rôles auprès de Bourdelle : élève, modèle, seconde épouse, mère, collaboratrice et héritière.

Ce dessin illustre l’abnégation de celle qui abandonne sa carrière artistique au profit de celle de son époux. Mais sa contribution n’est pas uniquement artistique. Dans son autobiographie, Cléopâtre Bourdelle Sévastos exprime son souhait d’éviter à Bourdelle toute contrainte administrative, afin qu’il puisse se consacrer à sa sculpture. Sentinelle discrète, elle est en charge de la rédaction des correspondances officielles et assure la gestion des comptes. Elle contrôle les ordres donnés aux fondeurs, surveille les moulages et les fontes, s’occupe des modèles et des élèves. Dessins et photographies témoignent de son omniprésence dans les ateliers, où elle exécute l’agrandissement de certaines pièces. Autour de 1900, de nombreuses femmes artistes délaissent leurs ambitions professionnelles au profit de leurs obligations conjugales. Au sein des couples d’artistes, l’apparente symbiose cache souvent des sacrifices de la part de l’épouse, voire son cantonnement à un rôle de collaboratrice.

À la mort de son époux, Cléopâtre Bourdelle Sévastos est garante du rayonnement de son œuvre et parvient grâce à sa détermination à créer le musée Bourdelle en 1949.



Suite du parcours "Nouveaux regards"

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