À ses origines à la fin du XIXe siècle, l’industrie automobile est dominée par la voiture électrique. En 1899, La Jamais Contente, première voiture à franchir la barre des 100 km/h est ainsi électrique et fonctionne grâce à des batteries au plomb. Cependant, malgré un plus grand confort, l’automobile électrique est supplantée par les modèles à essence alors produits en masse par les usines Ford.
Si durant la première moitié du XXe siècle, les véhicules électriques semblent relever du passé, la Seconde Guerre mondiale, et les rationnements qu’elle implique, changent la donne. Dans un contexte où l’essence est réservée aux manœuvres de l’occupant allemand, de nombreuses initiatives voient le jour pour permettre aux Français de se déplacer.
Les industriels rivalisent d’ingéniosité pour créer l’automobile la plus novatrice. Le célèbre constructeur d’avions Louis Breguet conçoit, par exemple, la Breguet type A2 en 1941, tandis que Paul Arzens, futur designer pour la SNCF, commercialise l’original Œuf électrique en 1942.
C’est dans ce contexte compliqué que le designer Michel Dufet se voit confier par le constructeur Pierre Faure le dessin d’un petit véhicule électrique polyvalent qui puisse transporter des personnes et se décliner en utilitaire.
Ces contraintes poussent Dufet à opter pour une automobile à quatre roues et un design aérodynamique – la silhouette en goutte d’eau permettant de réduire les frottemens de l’air et ainsi de limiter la puissance du moteur. Dans cette même optique Dufet choisit des roues carénées et place les phares sous une carrosserie percée de vitres, offrant à la voiture un aspect futuriste pour son époque.
Dans un souci d’économie, le véhicule repose sur une carrosserie constituée d’une poutre centrale et pèse seulement 550 kg malgré ses six imposantes batteries. Ces caractéristiques permettent à cette automobile d’atteindre les 75 km/h et de parcourir jusqu’à 70 km sans recharge, selon son ingénieur.
En 1941, la voiture est dévoilée à la presse en présence de Jeanne Lanvin. Initialement destinée à une production en série, elle ne semble avoir été commercialisée qu’en une vingtaine d’exemplaires.
Avant cette aventure dont témoignent les plans préparatoires et études de design conservés au musée Bourdelle , Dufet avait déjà côtoyé le monde automobile en aménageant le garage Marbeuf ou en utilisant, pour ses fauteuils, dans les années 1930, le système de ressort à lame emprunté aux suspensions automobiles.
Jason Vertray
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